Yiruma, son journal intime en mélodies (1/2)

yiruma 1Note: Cet article est uniquement basé sur de nombreuses interviews que Yiruma a accordées depuis ses débuts en 2001, en Corée. Évidemment toutes les sources sont écrites en Coréen. Comme j’ai beaucoup de choses à dire sur lui, je vous le présente en deux parties : ce mois ci je vous présente sa biographie ainsi que sa vie musicale, et le mois suivant mes sélections avec quelques explications intéressantes.

Yiruma et le piano
« Sans le piano, il est impossible de définir qui je suis, le piano est mon portrait. » (2012)

Yiruma est un vrai amoureux du piano. Pourtant dans plusieurs interviews, il montre son souhait d’être considéré comme un compositeur plutôt que comme un pianiste.

« Imaginez que je suis quelqu’un qui écrit son journal en mélodies… » (2004)

En effet, pour lui, la composition est comme l’écriture de son journal intime, exprimé en morceaux de piano. En jouant ses compositions, il nous fait partager ses histoires et ses imaginations. Et le piano est son meilleur moyen pour les exprimer. (2005)

yiruma 2« Je ne souhaite pas être considéré comme un pianiste traditionnel classique. Je ne suis pas si fier de mon niveau d’interprétation. Quand j’étais étudiant, j’ai vu pas mal de gens jouer mieux que moi. Cependant ce que j’adore, c’est la composition; c’est ce je sais faire le mieux. » (2005)

Même aujourd’hui, il se sent très tendu quand il monte sur scène pour jouer devant beaucoup de gens, et bizarrement, cette tension ne diminue pas avec le temps. Jouer exactement ce qui est écrit le rend nerveux, donc il interprète souvent les morceaux selon l’humeur du moment. (2012)

Parcours
Né en 1978 en Corée du sud, il commence à étudier le piano dès l’âge de 5 ans. A 11 ans, il part faire des études de musique en Angleterre, à la Purcell School of Music, et au King’s College.

En 2001, il sort son premier album « Love Scene », qui retient l’attention du grand public en Corée. Il a depuis écrit 13 albums. Il affermit également sa place en tant que compositeur de musique de films à travers divers longs métrages coréens et japonais tels qu’Oasis (2002) et Doggy poo (2002).

« A cette époque (2001), je n’avais pas vraiment l’intention de sortir un album, cela s’est fait un peu par hasard. Je voulais toujours être compositeur, pas interprète. Mais si je n’avais pas sorti cet album, je travaillerais seulement en tant que compositeur et je serais moins connu qu’aujourd’hui. » (2012)

Ses inspirations
Le musicien qui inspire Yiruma est Yuhki Kuramoto, compositeur japonais New age classique (2005). En 2012, Yiruma a eu l’occasion de participer à un concert avec Yuhki Kuramoto et Steve Barakatt à Séoul. Pour cet évènement, l’artiste japonais a repris une des compositions d’Yiruma « Kiss the rain ».

« Yuhki Kuramoto était un artiste que je ne voyais que dans des magasins de disques. Je n’oublierai jamais ce moment. J’étais tellement ému que j’ai failli pleurer.» (2012)

Pour Yiruma, Yuhki Kuramoto est quelqu’un à qui il veut ressembler et de qui il veut apprendre. (2012)

Ses inspirations de mélodies viennent de différents moments et endroits. Parfois il reste toute la journée devant le piano pour trouver des idées, ou bien en fredonnant sans réfléchir. Elles viennent également tout d’un coup quand il ne les attend pas. (2011)

Vie musicale et philosophie
« Je veux des morceaux que tout le monde peut jouer et comprendre. » (2011)

Selon Yiruma, la meilleure musique est celle qui est capable de réconforter et guérir ceux qui l’écoutent. Il veut écrire des morceaux qui détendent avant tout et qui créent de la bonne humeur et de bons sentiments chez les auditeurs. En effet ces morceaux sont souvent caractérisés par la répétition des mélodies et de rythmes, ce qui les rend immédiatement agréables. (2012)

A propos de sa musique, certains musiciens classiques disent que la musique Newage est légère et n’a pas de profondeur. Yiruma comprend ce jugement, puisque c’est une musique populaire.

« On n’a pas besoin d’avoir des connaissances ni d’explication pour comprendre mes morceaux, mais je suis fier de faire de la musique vivante. Un jour, la musique contemporaine deviendra elle même classique.» (2012)

« C’est la même chose pour ma méthode de jeu. En Corée, on dit qu’il faut jouer du piano avec les doigts arrondis comme si on tenait un œuf, mais tout le monde ne peut pas jouer comme ça, car chaque personne a des mains de forme différente. Dans mon cas, j’ai pas beaucoup de peau au bout des doigts, et si je joue comme on me demande, on n’entendra que le bruit de mes ongles. Du coup je joue avec les doigts allongés; beaucoup de spécialistes en Corée me disent que c’est une très mauvaise méthode de jeu. » (2012)

Changement après la naissance de sa fille
En 2008, sa fille est née et il a composé un morceau pour elle : Loanna.

« Je jouerai ce morceau pour son mariage, ce sera un moment émouvant, et en le jouant sans doute je pleurerais beaucoup… »

Yiruma et loanna

L’artiste a partagé cette photo sur Internet

L’arrivée de sa fille a changé son approche musicale. Avant, s’il se concentrait pour écrire des morceaux légers et jolis, aujourd’hui il souhaite écrire des morceaux de profondeur. (2012)
Il veut être un papa dont sa fille pourra être fière. Quand sa fille grandira, elle cherchera qui est l’artiste Yiruma et quel type de musique il crée. Il souhaite lui montrer toutes ses évolutions musicales.

« Ma famille est le moteur de ma vie musicale. Parmi différentes couleurs possibles en musique, je ferai des morceaux qui chantent l’espoir » (2012)

Aujourd’hui
Dans beaucoup d’interviews, il ne se considère pas uniquement comme un artiste Newage Classique; ce qui compte vraiment pour lui est de faire de la musique que le public comprend et aime. Et il va toujours dans cette direction. Aujourd’hui, il est activement impliqué dans la composition de chansons coréennes et dans la collaboration avec des chanteurs K-pop célèbres.

La prochaine fois je vous parlerai donc de ses compositions, avec des explications et des extraits.

Note : Merci à mon mari pour la correction de cet article, c’était bien long 🙂