Musique dans « L’élégance du hérisson »

Le deuxième roman de Muriel Barbery m’inspire pas mal depuis un mois. Je le lis avec beaucoup de plaisir et de concentration, mais j’avance petit à petit car je n’ai pas envie de le finir trop vite. Ce livre m’a également donné l’idée de composer « Beaux moments de ma vie », qui sera le dernier morceau de mon nouvel album « Paris ». Je suis en train de l’écrire en pensant à Renée et aux beaux moments de ma vie, et vous allez le découvrir bientôt sur ce site.

Je partage ici un passage du livre où l’un des personnages principaux parle du rôle de la musique. Ceux qui pensent à écouter de la musique dans leur vie quotidienne comprendront vite ce que ce texte signifie. Pour ceux qui s’en passent, j’espère que ce texte vous incitera à introduire un peu de musique dans votre vie, cela vous aidera à l’équilibrer et à l’enrichir.

Le matin, en général, je prends toujours un moment pour écouter de la musique dans ma chambre. La musique joue un très grand rôle dans ma vie. C’est elle qui me permet de supporter… (…) La musique, ce n’est pas qu’un plaisir pour l’oreille comme la gastronomie pour le palais ou la peinture pour les yeux. Si je mets de la musique le matin, ce n’est pas très original : c’est parce que ça donne le ton de la journée.

C’est très simple et en même temps, c’est un peu compliqué à expliquer : je crois que nous pouvons choisir nos humeurs, parce que nous avons une conscience qui a plusieurs strates et qu’on a un moyen d’y accéder. Par exemple, pour écrire une pensée profonde, il faut que je me mette dans une strate très spéciale, sinon les idées et les mots ne viennent pas. Il faut que je m’oublie et en même temps que je sois hyper concentrée. Mais ce n’est pas une affaire de « volonté », c’est un mécanisme qu’on actionne ou pas, comme pour se gratter le nez ou faire une roulade arrière.

Et pour actionner le mécanisme, il n’y a pas mieux qu’un petit morceau de musique. Par exemple, pour me détendre, je mets quelque chose qui me fait atteindre une sorte d’humeur distanciée où les choses ne m’atteignent pas vraiment, où je les regarde comme si je regardais un film : une strate de conscience « détachée ». En général, pour cette strate-là, c’est du jazz ou bien, plus efficace sur la durée mais plus long à faire effet, du Dire Straits.

– L’élégance du hérisson, Muriel Barbery page 190

Dans ce passage, Glenn Miller est rapidement mentionné après Dire Straits comme musiciens qui inspirent la jeune fille. Je trouve ces choix assez étonnant, car ce n’est quand même pas très standard pour une collégienne, même un peu vieux.

En même temps je me dis que quand j’étais au collège, j’étais un peu comme elle, mon goût n’était pas très standard non plus. Pendant les weekends ou les vacances, j’écoutais toujours la radio à l’aube, avec un livre, et je prenais plaisir à trouver de beaux morceaux cachés du monde. J’aimais beaucoup aussi la musique classique, mais mon registre restait assez classique : j’écoutais à ce moment-là Franz von Suppé ou bien Georges Bizet. (Schubert aussi mais il reste toujours mon plus grand favori) Au lycée j’ai passé mon temps à travailler, à l’école primaire j’étais encore petite pour penser à chercher mon goût. C’est donc en effet au collège que j’ai écouté le plus de musique de ma vie scolaire.

En tout cas grâce à ce passage du livre, j’ai redécouvert Dire Straits, un groupe de rock britannique des années 80. Je n’ai pas cherché profondément, j’ai pris youtube et j’ai écouté leur best of. « Sultans of Swing » m’a tout de suite saisi et donné du tonus. Ce morceau publié en 1977 fait hommage aux musiciens de bar et de cabaret, qui ne s’occupaient pas de la popularité, et qui étaient simplement heureux de faire de la musique.

Quant à Glenn Miller j’ai un peu plus de choses à vous dire. Je me dis qu’il pourrait être le prochain artiste de notre site. On verra si l’inspiration viendra.

Bonne lecture et bonne écoute

A bientôt