En direct du pays du matin calme, ma meilleure astuce pour gagner du temps

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Mont Seorak, Corée du sud
Crédit photo : Sébastien Lorquet

Pendant mon cours d’« intercultural marketing » dans mon école de commerce, mon professeur nous expliquait que chaque pays avait une mentalité différente assez marquante, et que pour travailler efficacement à l’international, il fallait la connaître, essayer de la comprendre, et adapter nos comportements pour collaborer harmonieusement avec les autres.
Ainsi elle nous montrait des cartes qui classaient les différents pays du monde selon de plusieurs critères, ainsi que le niveau d’individualisme et de collectivisme.
Je donnais toute mon attention pour voir où se positionnait mon pays (c’est le réflexe de tous ceux qui habitent dans un pays étranger 🙂 ). Et la Corée se situait tout au bout, du côté du collectivisme. Je hochais ma tête comme un signe d’accord. Et je voyais que la France (ensuite on regarde le pays où on habite), se situait plutôt du côté de l’individualisme.

C’est vrai qu’en Corée, les Hommes sont la clé de tout, et qu’on dépend un peu trop les uns des autres. Rien à critiquer ! Car c’est simplement notre mode de vie. Il y a des inconvénients mais aussi des avantages : Par exemple, la société a un rôle moralisateur. Il peut y avoir des exceptions, mais on apprend ainsi la morale de manière naturelle. Ainsi, un comportement égoïste sera très mal vu par la société, sachant qu’on est un membre de cette société, mais cela peut étouffer certaines personnes créatives.

On va dire que l’astuce que je présente ici vient un peu de ma culture coréenne. Il s’agit de dépendre des autres :). Cette idée vous choque peut être. Ce que j’admire beaucoup des Français entre autres, c’est qu’ils se débrouillent très bien tous seuls dans pas mal de situations. Et je remarque qu’on apprécie ce comportement.
Je dois mieux vous expliquer cela. Il ne s’agit pas de gagner du temps simplement en dépendant des autres, mais en interagissant avec eux, puisque je leur apporte d’autres types d’aide, sur des sujets qu’ils ne peuvent pas traiter seuls.
J’accepte simplement le fait que je ne peux pas être spécialiste dans tous les domaines, et je n’essaie pas d’être parfaite dans tous les domaines. Je demande simplement les avis des autres.

Ce comportement d’interdépendance des Coréens peut aussi être facilement observé sur le web avec Naver.com, l’un des plus grands portails coréens. La base de connaissances Naver Questions&Réponses a été créé 3 ans avant celle de Yahoo et comporte aujourd’hui 80 millions de questions. Aujourd’hui même les médecins des grands hôpitaux participent à l’alimentation de cette base de données, alors on y trouve de tout, et des réponses pertinentes.

Cette approche collectiviste m’aide à gagner du temps dans la vie quotidienne.
– Quand je suis perdue dans un endroit inconnu, j’accepte simplement d’être dans une situation embêtante, et j’appelle ou je parle à quelqu’un pour lui demander comment faire.
– Il y a des tas de livres à lire, et j’accepte que j’ai pas le temps de lire tous et je regarde le résumé des livres déjà faits par d’autres personnes que j’apprécie, ou je regarde les avis des gens sur chacun de ces livres (bien sur je lis moi-même des livres que je juge très importants)
– Quand j’ai besoin d’un conseil dans un domaine spécifique, je cherche un expert du domaine et je lui demande ses avis.
– Au ciné beaucoup de films sortent tout le temps, et j’accepte de ne pas pouvoir tous les voir, alors je demande les avis de mes amis qui ont le même style que moi.
– Pour les voyages, je demande à des gens qui ont déjà voyagé à cet endroit pour économiser mon temps de recherche, sachant que je connais des gens passionnés de voyages et que je ne suis pas très forte pour ce type de sujet.
– Si je dois chercher un restaurant dans un endroit que je ne connais pas, je cherche un classement des restaurants de cette région élaboré par une communauté d’internautes

On ne peut pas tout avoir. Il y a bien sur des inconvénients à cette habitude. Le manque de diversité, le manque d’indépendance… Comme toutes les choses, il faut savoir les équilibrer correctement.
Bien sur il y a des choses qu’on ne peut pas déléguer aussi bien. Je ne peux pas demander à quelqu’un d’autre de composer des morceaux à ma place. C’est bien cela mon message, on se concentre mieux sur ce qu’on sait faire et sur ce qu’on trouve vraiment important. Par contre, ce qui n’est pas vraiment le cœur de nos activités, on peut gagner du temps en communiquant avec les autres.

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