Comment créer une oeuvre musicale de manière efficace ? (4/4)

3. Comment finir un morceau de manière efficace ?

FluteRésumé : Comment être efficace dans ses activités de création ? Dans cette série d’articles, je vous présente différentes astuces pour chaque phase du processus de création.
Dans cet article, je vous présente mes astuces pour être efficace dans la troisième dernière étape de création d’une nouvelle œuvre : la finalisation du morceau.

La troisième étape consiste à travailler sur les détails, à relier harmonieusement chaque partie composée pour en faire un ensemble, et à revisiter plusieurs fois le morceau en vue de l’améliorer. Après cette étape, on obtient enfin la partition et l’enregistrement du morceau.

La troisième étape est celle que j’aime le moins mais celle qui est la plus importante. En fait, après la deuxième étape développer ses idées, comme je sais déjà jouer le morceau presque complètement, et la tentation de considérer le morceau en cours comme à peu près fini devient très grande. Du coup mon envie de composer un nouveau morceau se développe.
Cependant c’est en passant par cette troisième étape que l’œuvre finie peut se concrétiser. De plus, on progresse pour les prochaines œuvres.Et voici mes astuces pour surmonter mes réticence pour cette étape. Il s’agit principalement d’astuces sur le plan mental.

a. Pourquoi faire cette tâche ?
Il faut d’abord se préparer mentalement. On est clairement dans une situation de « on n’a pas envie mais il faut ». Alors je me pose la question suivante : « Pourquoi je dois le faire ? ». En effet, la self motivation doit être suffisamment forte, surtout quand il n’y a pas d’obligation derrière. Une fois qu’on sait pourquoi, on accepte plus facilement la situation, et on se met au travail.

Une autre manière pour me motiver est d’imaginer en avance la joie et la fierté que je ressentirai une fois que ce sera fini. Cela paraît une méthode bizarre mais ça m’aide à me concentrer intensivement pour finaliser le morceau.

Notes de Solip : Pourquoi finir un morceau avec une partition ?
Ecrire une partition demande pas mal de temps et c’est une tâche que parfois je veux éviter. Dans mon cas avec le piano, une œuvre sans partition est comme une maison sans plan. C’est en écrivant la partition que je progresse et j’apprends à structurer correctement la nouvelle création.
Ecrire une partition est aussi une manière de mieux protéger ses œuvres en cas de conflits juridiques. C’est aussi un moyen pour en faire profiter les autres, et enfin pour permettre à ses morceaux de vivre plus longtemps, ce que beaucoup d’artistes souhaitent.

b. Avoir de la rigueur et surmonter ses doutes
Le plus important est de résister à la tentation d’attaquer un nouveau morceau, ou un nouveau projet qui parait génial 🙂 Il m’arrive souvent de développer plusieurs morceaux en même temps, car ainsi je peux changer d’idées facilement si je me sens bloquée sur un morceau. Cependant comme cela peut me disperser et me faire tarder à finaliser les partitions en cours, le nombre de morceaux en cours ne dépasse jamais plus de 3 ou 4. Il faut savoir terminer à un moment donné.
Je m’oblige même à finaliser un morceau si je n’ai pas d’autres problèmes que ma motivation.Travailler sur des détails pointus exige effectivement de la rigueur.

Notes de solip : Pourquoi certaines personnes ont de la difficulté pour finir leurs projets ?
donald-trumpEn management, on essaie de classifier les gens selon différents critères. Selon un critère dont je sais plus le nom, on peut classifier les gens selon « être global » et « être détail ». Les gens globaux n’arrivent souvent pas à finaliser leur projet proprement car ils ont globalement compris le projet et les détails ne les intéressent pas. Certes, beaucoup de profils de chef ont tendance à être plutôt globaux et à déléguer les détails à leurs collaborateurs.
Cependant les détails changent beaucoup de choses, créent une valeur ajoutée et permettent de différencier un projet ou un produit par rapport aux autres. D’où le fait que les créateurs doivent souvent faire preuve de leurs capacités à travailler sur les détails.
L’investisseur immobilier américain légendaire Donald Trump cite le fait de s’intéresser aux détails comme un élément important qui explique son succès par rapport à ses confrères. Il fait toujours attention aux détails. Sur certaines phases d’un projet, il n’hésite pas à prendre une approche « artistique ». Il n’hésite non plus à faire retravailler ses collaborateurs à cause de certains détails qui n’ont pas été respectés. Les petits détails lui font même parfois renoncer un projet.
Nous avons tous tendance à être plutôt globaux ou plutôt détaillés, mais cela n’empêche pas de se développer pour équilibrer les deux en fonction de son propre cas. Beaucoup de livres me confirment que les créateurs de succès sont des caméléons, c’est-à-dire qu’ils savent être globaux ou détaillés en fonction des différentes situations.

La réticence à cette étape peut aussi venir de ses doutes sur le morceau en cours. Évidemment quand je commence à développer un morceau, je suis souvent enthousiaste : « Ce sera le morceau de ma vie ».
Cependant les sentiments humains sont cycliques et cet enthousiasme ne dure pas toujours longtemps, ce qui est tout à fait normal.
Dans mon cas, parfois; au bout de la deuxième étape, un sentiment bizarre composé de peur et de doute m’envahit et cela baisse ma motivation pour finir le morceau.
Surmonter ses doutes est aussi une qualité à développer pour les créateurs. Jusqu’à un certain niveau, les doutes permettent d’améliorer un projet ou produit, mais en excès, on n’avance plus et on arrive même à renoncer son projet à cause de ses doutes.
A cette phase, ce qui manque c’est plutôt la confiance en soi. Ce n’est pas pour rien qu’on a mené le projet jusqu’à cette troisième étape, n’est ce pas ? Jusqu’à venir à cette étape, on a réfléchi, pensé et pris des décisions. Respectez toutes les actions que vous avez décidées jusqu’à présent, et osez vous faire confiance. Cela vous aidera à continuer votre projet et à le finir.

c. Soyez là où on produit, pas ailleurs
im_piano keyboardComme je trouve que c’est une tâche pénible, il est important de me concentrer et d’avoir un esprit zen. Pour cela je vide ma tête, j’essaie de ne pas penser à d’autres distractions à propos de « choses à faire ». En général ce sentiment de pression disparait tout seul par le simple fait que de m’assoir devant mon piano. Je me demande si la solution pour finir un morceau n’est pas juste de prendre le courage pour s’asseoir devant le piano. Soyez là où vous produisez, pas ailleurs.

Voilà la fin de la série « Comment être efficace pour créer une oeuvre musicale ? » J’espère que ces articles vous ont été utiles. Je pense que vous y avez trouvé pas mal de points communs, ou difficultés communes avec votre propre métier. Oui, c’est bien le but de cette série, vous n’êtes pas seul à douter de vous même et à vous sentir parfois bloqué. N’hésitez pas à partager vos propres astuces avec nous ici!