Comment créer une œuvre musicale de manière efficace ? (3/4)

2. Comment composer une fois qu’on a des inspirations ?

FluteRésumé : Dans cette série d’articles, je décris comment être efficace pour des activités de création, en prenant comme exemple mon activité de composition musicale. Le processus de composition est composé en général de trois étapes pour moi. Pour chaque étape de création, je vous propose différentes astuces utiles.
Dans cet article, je vous présente mes astuces pour être efficace dans la deuxième étape de ma création d’une nouvelle œuvre : créer des mélodies.

Une fois passé l’étape 1, on obtient des idées brutes de mélodies et/ou des histories qu’on va raconter, et c’est dans cette étape qu’on les développe et les structure. C’est une étape importante sachant qu’elle peut nous amener à abandonner le morceau au milieu si le processus n’avance pas comme on le souhaite; et finalement cet abandon peut se révéler une bonne solution.

a. Moment de solitude : c’est le moment pour se mettre à l’écoute de soi même
Le développement d’une nouvelle idée me demande toujours de prendre un moment de solitude pour mieux être à l’écoute de moi même. Ce qui m’arrive souvent, c’est que je prends mon casque et je me mets devant mon piano. Et je passe deux ou trois heures comme ça.

Honnêtement c’est assez rare que j’arrive à développer des mélodies en me promenant dans un parc. Cela paraît bien romantique, mais ce n’est pas comme ça que je fais. Par contre, ce travail se fait mieux dans mon bureau ou devant mon piano, car c’est là que j’ai l’habitude de créer (donc je m’y sens à l’aise) et de plus, dans ma tête, j’associe ces endroits à l’épicentre de ma créativité. Mon esprit de créativité est expressément concentré dans cet endroit.

Conseils de Solip
Beaucoup de créateurs passent des moments de solitude pour la création. Le psychiatre Jung et le philosophe Tao ont tous les deux ont exprimé que la créativité nécessite la solitude. Lee gun-hee, le dirigeant de Samsung Electronics explique que sa source principale de créativité vient de ses moments de solitude.

b. Tant qu’on a des idées, il ne faut pas les lâcher, mais il faut se concentrer.
Quand on arrive à développer le morceau de manière fluide, c’est une chance. Il faut donc en profiter au maximum car cela n’arrive pas tous les jours. Alors il faut savoir s’y concentrer intensivement, car si on remet une idée à plus tard sans rien noter, cette idée et l’enthousiasme que vous asociez à cette idée disparaissent comme si rien n’avait existé. De plus, l’avantage de cette méthode est que les idées de développement sortent comme les wagons d’un train,c’est à dire régulièrement, et dans l’ordre.

Ce à quoi il faut faire attention par contre, c’est qu’il est toujours important de revoir sa mélodie le lendemain ou plus tard. Avec du recul, on arrive à mieux tailler nos idées.

La magie de la concentration est que si on est à fond dans quelque chose, les nouvelles idées liées au développement de ce projet viennent quelque soit l’endroit, par exemple en attendant le train, en faisant la queue, en attendant dans un restau etc. J’arrive à obtenir des mélodies pour mieux développer le morceau en cours partout, mais vraiment partout.

Conseils de Solip : Notez vos idées si vous n’avez pas le temps pour les développer tout de suite
Ce conseil est aussi valable pour la première phase de création d’une œuvre musicale. L’inspiration peut venir n’importe quand de n’ importe où. Toutes les inspirations sont précieuses et il faut les noter. Dans le passé, sans noter, j’ai perdu des inspirations que j’ai eues dans des endroits inattendus, par exemple dans la rue. A ce moment là je m’étais dit que cette inspiration était tellement marquante que ce n’était pas la peine de la noter, et que je l’aurais toujours dans ma tête quand j’arriverais à la maison. Mais non, j’ai fait trop confiance à ma tête. Aujourd’hui dans tous mes sacs, je mets systématiquement un crayon et un cahier.
Conseils de Solip : Sachez être sévère avec vous-même en cas de manque d’idées
Le manque d’idées est toujours un point difficile à surmonter. Dans ces cas, cela me conduit à composer un morceau similaire aux précédents, déjà composés. Pour quel résultat ? Dans tous les cas, je n’étais pas satisfaite de ces œuvres et de moi-même, et je les ai jetées.
Ne cédez pas à des solutions faciles. Il est facile de composer ou créer comme mes morceaux précédents, mais notre créativité n’est pas poussée jusqu’au bout. Et on ne progresse pas avec cette méthode.

c. Si les idées de développement ne sortent pas malgré le temps investi, je le reporte à plus tard et je reviens à l’étape 1.
Il y a quelques jours j’étais en train de composer Piano vocalise en E majeur qui fera partie de ma fameuse série Piano Vocalise. Cela commençait très bien : les mélodies de base étaient très claires ainsi que les messages que je voulais exprimer avec ce morceau. Cependant, je n’arrivais absolument pas à le développer plus loin que cette mélodie de base.
Avant d’arriver au point de l’abandon, j’essaie quand même certains traitements pour sauver la composition 🙂

d.1/ je me mets devant le piano, et je fais de l’improvisation aux alentours de ce thème.
d.2/ j’oublie le morceau pendant 1 ou 2 jours voire 1 semaine, et ensuite je le rejoue en improvisant.

A l’arrivée devant cet état, il ne sert à rien de rester accroché, car plus on reste attaché, plus les idées se coincent. Et si les deux traitements ne marchent pas, j’abandonne clairement le morceau, (ou je le remets à bien plus tard) et je passe à la première étape pour composer un nouveau morceau. Ce qui est assez amusant, c’est qu’avec les deux « traitements » présentés, je trouve souvent de nouvelles idées pour le prochain morceau, donc la plus part du temps je ne fais que développer ces nouvelles idées.
Donc, pour ceux qui attendent mon troisième Piano Vocalise, il faudra attendre un peu… 🙂 Je vous garantis par contre que le morceau sera sympa. Un morceau mûri récompense les efforts investis, il est toujours plus profond.